Deaf U : le campus en langue des signes, au cœur de la vie étudiante sourde

Deaf U : le campus en langue des signes

À quoi ressemble la vie étudiante quand la langue des signes est au cœur des échanges ? La série documentaire Deaf U nous emmène sur le campus de Gallaudet University, à Washington, aux États-Unis. On y suit un groupe d’étudiantes et d’étudiants sourds dans leur quotidien : les cours, les amitiés, les histoires d’amour, les fêtes et les choix qui accompagnent le passage à l’âge adulte.

Une série au cœur de la communauté sourde

Diffusée sur Netflix en 2020, Deaf U met en lumière une jeunesse sourde diverse, avec des parcours, des personnalités et des rapports à la surdité qui ne se ressemblent pas. La série ne se limite pas aux études : elle s’intéresse aussi aux liens familiaux, aux relations amoureuses et aux différences de générations au sein de la communauté.

Gallaudet University occupe une place particulière dans ce récit. Située à Washington, cette université accueille des personnes sourdes et malentendantes et propose un environnement où la communication visuelle et la langue des signes font partie du quotidien. Sur le campus, les échanges ne sont pas relégués à l’arrière-plan : ils sont au centre de la vie sociale.

Voir la langue des signes en action

Les conversations de Deaf U se déroulent principalement en langue des signes américaine, l’American Sign Language (ASL). La caméra montre les gestes, les expressions du visage et les mouvements du corps qui contribuent à transmettre le sens. Elle rappelle ainsi que les langues des signes sont de véritables langues, avec leur grammaire et leurs particularités.

Il est toutefois important de ne pas confondre l’ASL avec la langue des signes de Belgique francophone (LSFB). Les langues des signes ne sont pas universelles : elles varient selon les communautés et les régions, comme les langues parlées. Une personne qui connaît la LSFB ne comprend donc pas automatiquement l’ASL.

Des expériences différentes de la surdité

La série montre qu’il n’existe pas une seule manière d’être sourd ou sourde. Les personnages n’ont pas tous le même parcours linguistique, les mêmes habitudes de communication ni le même rapport à leur identité. Certains évoluent dans un environnement où la langue des signes est très présente ; d’autres doivent composer avec des attentes et des habitudes différentes.

Cette diversité donne à Deaf U une dimension particulièrement intéressante. Les désaccords, les rapprochements et les choix personnels des jeunes adultes ne sont pas présentés comme des exceptions : ils font partie de la vie, tout simplement. La série invite ainsi le public à regarder les personnes sourdes au-delà des idées reçues et à s’intéresser à leurs expériences dans toute leur richesse.

Une représentation qui suscite la discussion

Comme toute série de téléréalité, Deaf U sélectionne et construit les situations pour raconter une histoire. Certains moments peuvent sembler dramatisés, et quelques spectateurs auraient souhaité découvrir davantage les cours ou le fonctionnement de l’université. La série n’est donc pas un portrait complet de toutes les réalités sourdes.

Elle a néanmoins le mérite de rendre visibles des conversations et des relations qui restent souvent peu représentées à l’écran. Elle montre aussi que l’accessibilité ne se résume pas à ajouter des sous-titres : elle suppose de prendre en compte les langues, les besoins et les points de vue des personnes concernées.

Un bon point de départ pour découvrir la culture sourde

Deaf U : le campus en langue des signes peut constituer une première porte d’entrée vers la langue des signes et la culture sourde. La série permet d’observer la place du regard, de l’expression du visage et de l’espace dans les échanges. Pour aller plus loin, rien ne remplace toutefois la rencontre avec des personnes sourdes et l’apprentissage auprès de formateurs qualifiés, notamment en LSFB en Belgique francophone.

En nous invitant sur un campus où la langue des signes est pleinement visible, Deaf U élargit notre regard sur la communication et sur la vie étudiante. Une invitation à découvrir d’autres façons de dialoguer, sans réduire les personnes à leur surdité.

 

7 Conseils pour Naviguer sur le Campus en Langue des Signes

  1. Repère les lieux accessibles et les points d’accueil du campus.
  2. Demande un interprète en langue des signes à l’avance.
  3. Vérifie que les vidéos sont sous-titrées.
  4. Place-toi face à la personne pour faciliter la lecture labiale.
  5. Privilégie les échanges écrits si c’est plus pratique.
  6. Signale tes besoins d’accessibilité aux profs et au secrétariat.
  7. Repère les alarmes visuelles et les consignes d’urgence.

Repère les lieux accessibles et les points d’accueil du campus.

Sur le campus, repère les lieux accessibles et les points d’accueil dès ton arrivée : accueil des étudiants, secrétariats, bibliothèque ou services d’accompagnement. Renseigne-toi sur les moyens de communication disponibles, comme l’interprétation en langue des signes, les échanges écrits ou les dispositifs de transcription. Ces repères facilitent les démarches et permettent de demander de l’aide au bon endroit, sans perdre de temps.

Demande un interprète en langue des signes à l’avance.

Pour suivre un cours, participer à une activité ou assister à un événement, demandez un interprète en langue des signes suffisamment à l’avance. Cela laisse le temps à l’organisateur de trouver une personne disponible et de préparer au mieux son intervention. Précisez la langue des signes souhaitée — en Belgique francophone, il s’agit généralement de la LSFB — ainsi que les informations utiles sur l’activité.

Vérifie que les vidéos sont sous-titrées.

Avant de regarder Deaf U : le campus en langue des signes, vérifiez que les sous-titres sont activés et disponibles dans la langue de votre choix. Ils permettent de suivre les dialogues, mais aussi les échanges qui se déroulent en langue des signes. Sur une plateforme de streaming, les options de sous-titrage se trouvent généralement dans les paramètres audio et sous-titres du lecteur.

Place-toi face à la personne pour faciliter la lecture labiale.

Pour faciliter la lecture labiale, placez-vous face à la personne et veillez à ce que votre visage soit bien éclairé. Parlez à un rythme naturel, sans exagérer les mouvements de la bouche, et évitez de vous tourner ou de parler en vous éloignant. La lecture labiale demande de la concentration et ne permet pas toujours de comprendre chaque mot : n’hésitez pas à reformuler ou à demander à la personne quelle méthode de communication lui convient le mieux.

Privilégie les échanges écrits si c’est plus pratique.

Si c’est plus pratique pour toi, privilégie les échanges écrits : un SMS, un message ou une note peut faciliter la communication et éviter les malentendus. Demande simplement à la personne ce qui lui convient le mieux, car les préférences varient d’une personne sourde à l’autre. Les échanges écrits peuvent compléter la langue des signes, sans pour autant la remplacer.

Signale tes besoins d’accessibilité aux profs et au secrétariat.

À l’université, n’attends pas qu’une difficulté se présente pour parler de tes besoins d’accessibilité. Préviens tes profs et le secrétariat suffisamment tôt afin de prévoir les aménagements nécessaires : interprétation en langue des signes, sous-titrage, supports de cours adaptés ou placement qui facilite la lecture labiale. Les services disponibles varient d’un établissement à l’autre ; mieux vaut donc poser tes questions dès ton inscription et confirmer les modalités avant les cours ou les examens.

Repère les alarmes visuelles et les consignes d’urgence.

Sur le campus, repère les alarmes visuelles — comme les flashs lumineux — et renseigne-toi sur les consignes d’urgence dès ton arrivée. Vérifie où se trouvent les sorties de secours et les points de rassemblement, et demande comment les alertes sont communiquées aux personnes sourdes ou malentendantes. En cas d’évacuation, suis les indications du personnel et assure-toi que les informations essentielles te sont accessibles.